L'IA Act (règlement UE 2024/1689) encadre l'IA selon quatre niveaux de risque. Les interdictions s'appliquent depuis février 2025, les règles sur les modèles à usage général depuis août 2025, la transparence depuis août 2026. Le « Digital Omnibus » a repoussé les obligations « haut risque » à 2027-2028.
Quel est le calendrier d'application de l'IA Act ?
L'IA Act est entré en vigueur le 1er août 2024, mais il ne s'est pas abattu d'un coup sur les entreprises. Le législateur européen a prévu une application par paliers, étalée sur quatre ans, pour laisser aux acteurs le temps de s'organiser et aux normes techniques celui d'être écrites.
Résultat : à l'automne 2026, certaines obligations sont déjà contraignantes, d'autres attendent 2027 ou 2028. Et le paquet dit « Digital Omnibus », adopté durant l'été 2026, a redistribué une partie du calendrier en repoussant les échéances les plus lourdes. Voici l'état des lieux, palier par palier.
Calendrier d'application de l'IA Act (2024-2028)
- 1ᵉʳ août
Entrée en vigueur
Le règlement (UE) 2024/1689 entre en vigueur. Aucune obligation opérationnelle ne s'applique encore : le compte à rebours commence.
- 2 février
Interdictions + littératie en IA
Les pratiques d'IA « à risque inacceptable » (article 5) sont interdites. Tout personnel qui utilise ou supervise un système d'IA doit avoir un niveau de compréhension suffisant (article 4).
- 2 août
Modèles à usage général (GPAI) + gouvernance
Obligations pour les fournisseurs de modèles d'IA à usage général (GPT, Gemini, Mistral, Claude…), installation du Bureau européen de l'IA, désignation des autorités nationales, entrée en application du régime de sanctions.
- 2 février
Lignes directrices « haut risque »
La Commission précise la classification des systèmes à haut risque (article 6) — une aide pour savoir de quel côté de la frontière on se situe.
- 2 août
Transparence (article 50) + bacs à sable
Signaler qu'une conversation ou qu'un contenu est généré par IA, marquer les contenus synthétiques. Chaque État membre doit disposer d'un bac à sable réglementaire. Échéance non reportée par le Digital Omnibus.
- 2 décembre
Marquage des contenus déjà commercialisés
Fin du délai de grâce de quatre mois pour le marquage des contenus générés par IA (article 50 §2) sur les systèmes mis sur le marché avant le 2 août 2026.
- 2 décembre
Systèmes à haut risque — annexe III
Systèmes « autonomes » : recrutement, scoring de crédit, biométrie, éducation, administration de la justice… Échéance repoussée depuis le 2 août 2026 par le Digital Omnibus.
- 2 août
Systèmes à haut risque — annexe I
IA intégrée à des produits déjà réglementés par ailleurs (dispositifs médicaux, machines, jouets, véhicules…). Échéance repoussée depuis le 2 août 2027.
Source : règlement (UE) 2024/1689, article 113, et paquet « Digital Omnibus » adopté à l'été 2026 (report des obligations « haut risque »).
La logique du règlement tient en une phrase : plus un système d'IA peut porter atteinte aux droits ou à la sécurité des personnes, plus les obligations sont lourdes. Quatre niveaux de risque structurent tout le texte.
Notation sociale, manipulation subliminale, exploitation des vulnérabilités, police prédictive fondée sur le seul profilage, reconnaissance des émotions au travail et à l'école, moisson non ciblée d'images faciales.
Recrutement et gestion RH, scoring de crédit et d'assurance, biométrie, infrastructures critiques, éducation, migration et asile, administration de la justice.
Chatbots et agents conversationnels, contenus générés ou modifiés par IA (textes d'intérêt public, images, audio, deepfakes).
Filtres anti-spam, IA de jeux vidéo, moteurs de recommandation produit. Codes de conduite volontaires encouragés.
Classification établie par l'équipe Tallos à partir des articles 5, 6 et 50 et des annexes I et III du règlement (UE) 2024/1689. La qualification exacte d'un système dépend de sa finalité : vérifiez-la au cas par cas.
Le troisième chiffre à connaître, c'est celui des sanctions. Le règlement reprend le mécanisme qui a fait la réputation du RGPD : un plafond en valeur absolue, doublé d'un pourcentage du chiffre d'affaires mondial, l'autorité retenant le plus élevé des deux.
| Type d'infraction | Amende maximale |
|---|---|
| Non-respect des pratiques interdites (article 5) | 35 M€ ou 7 % du chiffre d'affaires annuel mondial |
| Non-respect des autres obligations : haut risque, transparence, modèles à usage général, organismes notifiés | 15 M€ ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial |
| Informations inexactes ou trompeuses fournies aux autorités | 7,5 M€ ou 1 % du chiffre d'affaires annuel mondial |
Source : articles 99 à 101 du règlement (UE) 2024/1689. Pour les PME et les start-up, c'est le montant le plus faible des deux qui s'applique.
Ce que le règlement européen change concrètement
Mardi matin, réunion de direction dans une ETI de services. À l'ordre du jour, un point rapide sur « la conformité IA ». Le directeur juridique pose une question simple : combien d'outils d'intelligence artificielle l'entreprise utilise-t-elle aujourd'hui ? Silence. Personne n'a le chiffre.
Entre le correcteur intégré à la suite bureautique, l'assistant du CRM, les trois abonnements ChatGPT pris « pour tester », le module de tri de CV du logiciel RH et le chatbot du site, la réponse honnête est : beaucoup plus qu'on ne le croyait. C'est exactement le point de départ de l'IA Act.
Quatre niveaux de risque, une logique de proportionnalité
L'IA Act ne réglemente pas « l'intelligence artificielle » en général. Il réglemente des systèmes, en fonction de l'usage qu'on en fait. Le même modèle de langage peut relever du risque minimal quand il résume des notes internes, et du haut risque quand il filtre des candidatures à l'embauche.
Les pratiques inacceptables sont interdites depuis février 2025 : notation sociale, manipulation subliminale, reconnaissance des émotions sur le lieu de travail, police prédictive fondée sur le seul profilage. Ce sont des lignes rouges, pas des cases à cocher.
Le haut risque, lui, n'est pas interdit : il est encadré. Un système de scoring de crédit ou un outil de présélection RH reste autorisé, à condition de respecter sept familles d'obligations (voir plus bas). Le risque limité se contente d'une obligation de transparence. Et le risque minimal, qui concerne l'écrasante majorité des usages, n'impose rien de spécifique.

Fournisseur ou déployeur ? La question qui décide de vos obligations
L'IA Act distingue plusieurs rôles le long de la chaîne de valeur : le fournisseur (celui qui développe le système et le met sur le marché), le déployeur (celui qui l'utilise dans le cadre d'une activité professionnelle), l'importateur et le distributeur. Vos obligations ne dépendent pas de votre taille, mais de votre rôle.
La plupart des entreprises françaises sont des déployeurs. Elles n'ont pas à produire la documentation technique d'un système ni à obtenir un marquage CE, mais elles doivent former leur personnel, utiliser l'outil conformément à sa notice, assurer un contrôle humain réel et informer les personnes exposées à une décision assistée par IA.
Attention au glissement de rôle : un déployeur qui modifie substantiellement un système à haut risque, ou qui le commercialise sous sa propre marque, devient fournisseur et récupère l'ensemble des obligations qui vont avec. Personnaliser lourdement un modèle avant de le revendre n'est pas un détail contractuel.
Le « Digital Omnibus » a-t-il vidé l'IA Act de sa substance ?
Fin 2025, la Commission a proposé un paquet de simplification numérique, le « Digital Omnibus ». Après un accord politique au printemps 2026, il a été publié au Journal officiel de l'Union européenne durant l'été et a modifié le calendrier de l'IA Act.
Ce qui bouge : les obligations des systèmes à haut risque de l'annexe III passent du 2 août 2026 au 2 décembre 2027, et celles de l'annexe I au 2 août 2028. Le motif officiel est pragmatique : les normes techniques harmonisées et les autorités de contrôle n'étaient pas prêtes.
Ce qui ne bouge pas : les interdictions de février 2025, les règles sur les modèles à usage général d'août 2025, et les obligations de transparence de l'article 50, applicables depuis le 2 août 2026. Autrement dit, le report concerne un étage de la fusée, pas la fusée entière. Reporter sa mise en conformité « parce que Bruxelles a reculé » repose sur une lecture optimiste du communiqué de presse.
Obligations des systèmes à haut risque : les sept piliers
Pour un système classé à haut risque, le fournisseur doit mettre en place, sur tout le cycle de vie du produit :
- Un système de gestion des risques continu, documenté et mis à jour.
- Une gouvernance des données : jeux d'entraînement, de validation et de test pertinents, représentatifs et examinés pour les biais.
- Une documentation technique complète (annexe IV) et une journalisation automatique des événements.
- De la transparence envers les déployeurs : une notice d'utilisation claire sur les capacités, les limites et les conditions d'emploi.
- Un contrôle humain effectif, prévu dès la conception, permettant de comprendre, superviser et interrompre le système.
- De l'exactitude, de la robustesse et de la cybersécurité, mesurées et déclarées.
- Un système de gestion de la qualité, une évaluation de conformité, un marquage CE et un enregistrement dans la base de données de l'Union.
Le déployeur d'un système à haut risque, de son côté, doit respecter la notice, confier la supervision à des personnes compétentes, conserver les journaux, signaler les incidents graves et — pour les organismes publics et certains services essentiels — réaliser une analyse d'impact sur les droits fondamentaux.
Obligations de transparence : ce qui s'applique déjà
L'article 50 est le premier bloc d'obligations qui touche directement le grand public, et il est contraignant depuis le 2 août 2026. Trois règles simples : une personne qui interagit avec un système d'IA doit en être informée ; les contenus générés ou manipulés par IA (images, audio, vidéo, textes d'intérêt public) doivent être marqués comme tels ; les deepfakes doivent être signalés.
Pour un site qui exploite un chatbot ou une entreprise qui diffuse des visuels produits par IA, la mise en conformité est concrète : mention explicite, marquage technique des fichiers, mise à jour des mentions légales. Les systèmes déjà en ligne avant août 2026 bénéficient d'un sursis jusqu'au 2 décembre 2026 pour le seul marquage des contenus.
Modèles à usage général : le cas OpenAI, Mistral et consorts
Depuis le 2 août 2025, les fournisseurs de modèles d'IA à usage général (GPAI) ont leurs propres obligations : documentation technique du modèle, politique de respect du droit d'auteur, résumé public des données d'entraînement, et — pour les modèles présentant un « risque systémique » — évaluation des risques et tests contradictoires.
Pour une entreprise déployeuse, l'intérêt est indirect mais réel : ces obligations rendent enfin possible l'audit de la brique d'IA qu'on intègre. Demander à son fournisseur s'il a publié son résumé de données d'entraînement et s'il suit le code de bonnes pratiques GPAI n'est plus une question exotique.

IA Act et RGPD : deux règlements, une seule cartographie
L'erreur classique consiste à traiter l'IA Act comme un nouveau chantier indépendant. En pratique, il se superpose au RGPD sur la plupart des usages. Un outil de tri de candidatures traite des données personnelles (RGPD : base légale, information, éventuellement analyse d'impact) et constitue un système à haut risque (IA Act : documentation, contrôle humain, transparence).
La bonne nouvelle, c'est que la cartographie des traitements exigée par le RGPD sert de socle. Il suffit d'y ajouter une colonne « système d'IA : oui/non », puis « niveau de risque » et « rôle : fournisseur ou déployeur ». En France, laCNILa d'ailleurs choisi de traiter les deux règlements ensemble dans ses recommandations.
Ce que l'IA Act change pour les cabinets d'avocats et les directions juridiques
Deux réflexes à corriger d'emblée. D'abord, un cabinet ou une direction juridique qui utilise un outil d'IA est déployeur, pas fournisseur : les obligations lourdes de conception ne le concernent pas, mais la littératie en IA, elle, est obligatoire depuis février 2025 pour toutes les équipes qui manipulent ces outils.
Ensuite, tout ce qui touche au droit n'est pas « à haut risque ». L'annexe III vise l'IA destinée à assister une autorité judiciaire dans l'établissement des faits et l'application du droit, pas un logiciel de relecture de contrats utilisé par uncabinet d'avocatsou unedirection juridique d'entreprise. Ces usages relèvent le plus souvent du risque limité, avec une obligation de transparence.
Reste une évidence qu'il vaut mieux rappeler : l'IA Act ne remplace pas le secret professionnel ni les règles déontologiques. Il s'y ajoute. Coller une clause client dans un outil grand public « juste pour voir » était déjà un problème avant le règlement ; ça en reste un après. Noslimites de ChatGPT en droitdétaillent ce point.
Auditer son fournisseur d'IA juridique au regard de l'IA Act
Choisir un outil d'IA, c'est désormais aussi choisir un co-responsable de conformité. Avant de signer, une grille de questions à poser à l'éditeur :
- Rôles : qui est fournisseur, qui est déployeur, et qu'est-ce que le contrat met à votre charge ?
- Classification : le système relève-t-il du haut risque, du risque limité ou du risque minimal, et sur quelle base l'éditeur le justifie-t-il ?
- Documentation : une notice d'utilisation conforme à l'article 13 est-elle fournie ?
- Transparence : les contenus générés sont-ils identifiables comme tels (article 50) ?
- Données : lieu d'hébergement, contrat de sous-traitance RGPD, engagement contractuel de non-utilisation de vos documents pour l'entraînement.
- Traçabilité : chaque réponse renvoie-t-elle à une source vérifiable, et les journaux sont-ils exportables ?
C'est précisément la logique retenue par Tallos : hébergement exclusivement en France, engagement contractuel de « zero training », et traçabilité des sources sur chaque analyse. Le détail des mesures figure sur la pagesécurité et confidentialité. Pour comparer les familles d'outils, voir aussi notrecomparatif des IA pour juristes.
Sanctions : jusqu'à 7 % du chiffre d'affaires mondial
Les montants affichés plus haut (35, 15 et 7,5 millions d'euros, ou 7 %, 3 % et 1 % du chiffre d'affaires) sont des plafonds, pas des amendes automatiques. Mais ils fixent l'ordre de grandeur : sur le papier, l'IA Act peut coûter plus cher que le RGPD.
Dans les faits, le risque le plus courant pour une entreprise moyenne n'est pas l'amende record : c'est la découverte, à l'occasion d'un incident ou d'un contrôle, qu'un système utilisé depuis des mois n'a jamais été cartographié, classé ni documenté. Le coût réel se mesure alors en remédiation d'urgence, pas en pourcentage de chiffre d'affaires.
Par où commencer : une feuille de route en six étapes
- 1. Cartographier. Recenser tous les systèmes d'IA utilisés, y compris la « shadow AI » installée sans validation. On ne protège pas ce qu'on ne connaît pas.
- 2. Classer. Pour chaque système, déterminer le niveau de risque et le rôle de l'entreprise (fournisseur ou déployeur).
- 3. Former. Mettre en place la littératie en IA — obligation déjà en vigueur — pour les équipes concernées.
- 4. Documenter. Notices, journaux, analyses d'impact, registre des systèmes d'IA adossé au registre RGPD.
- 5. Contractualiser. Revoir les contrats fournisseurs à la lumière de la grille d'audit ci-dessus.
- 6. Gouverner. Désigner un référent, prévoir une revue périodique et un canal de signalement des incidents.
Aucune de ces étapes ne suppose d'attendre décembre 2027. La cartographie et la formation sont utiles dès aujourd'hui, et elles conditionnent tout le reste.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'IA Act ?
L'IA Act est le règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil, adopté le 13 juin 2024 et publié au Journal officiel de l'Union européenne le 12 juillet 2024. C'est le premier cadre juridique horizontal au monde sur l'intelligence artificielle. Il classe les systèmes d'IA selon quatre niveaux de risque (inacceptable, haut, limité, minimal) et impose des obligations proportionnées à chaque niveau, à tous les acteurs de la chaîne : fournisseurs, déployeurs, importateurs et distributeurs.
Quand l'IA Act entre-t-il en application ?
Le règlement est entré en vigueur le 1er août 2024, mais s'applique par étapes. Les interdictions et l'obligation de littératie en IA s'appliquent depuis le 2 février 2025. Les règles sur les modèles à usage général et le régime de sanctions depuis le 2 août 2025. Les obligations de transparence depuis le 2 août 2026. Les obligations des systèmes à haut risque de l'annexe III s'appliqueront le 2 décembre 2027, et celles de l'annexe I le 2 août 2028.
Le « Digital Omnibus » a-t-il repoussé l'IA Act ?
Partiellement. Le paquet dit « Digital Omnibus », adopté à l'été 2026, a reporté les échéances les plus lourdes : les obligations des systèmes à haut risque de l'annexe III passent du 2 août 2026 au 2 décembre 2027, et celles de l'annexe I du 2 août 2027 au 2 août 2028. En revanche, il ne touche ni aux interdictions de février 2025, ni aux règles sur les modèles à usage général d'août 2025, ni aux obligations de transparence de l'article 50, applicables depuis le 2 août 2026.
Mon entreprise est-elle concernée si elle ne fait qu'utiliser de l'IA ?
Oui. L'IA Act ne vise pas que les éditeurs de logiciels : toute organisation qui déploie un système d'IA dans le cadre de son activité professionnelle est un « déployeur » et porte des obligations propres, notamment la formation de son personnel (littératie en IA), le respect de la notice d'utilisation, le contrôle humain et l'information des personnes concernées. Le fait que l'IA ne soit pas votre cœur de métier ne vous exonère pas.
Quelle est la différence entre l'IA Act et le RGPD ?
Le RGPD encadre le traitement des données à caractère personnel ; l'IA Act encadre la mise sur le marché et l'usage des systèmes d'IA, qu'ils traitent ou non des données personnelles. Les deux se cumulent : un système d'IA qui traite des données personnelles doit respecter le RGPD (base légale, minimisation, analyse d'impact) et, en plus, l'IA Act (classification par risque, transparence, documentation). En France, la CNIL articule les deux dans ses recommandations.
Quelles sont les sanctions prévues par l'IA Act ?
Trois plafonds. Le non-respect des pratiques interdites peut coûter jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Le non-respect des autres obligations (haut risque, transparence, modèles à usage général, organismes notifiés) jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 %. La fourniture d'informations inexactes aux autorités jusqu'à 7,5 millions d'euros ou 1 %. Pour les PME et les start-up, c'est le montant le plus faible des deux qui s'applique, pas le plus élevé.
Un cabinet d'avocats ou une direction juridique est-il « fournisseur » ou « déployeur » ?
Dans la quasi-totalité des cas, déployeur. Un cabinet ou une direction juridique qui utilise un outil d'IA du marché pour analyser des contrats, faire de la recherche ou rédiger des projets est un utilisateur professionnel : il doit former ses équipes, encadrer l'usage et vérifier les sorties, mais il n'a pas les obligations de conception qui pèsent sur l'éditeur. Il ne devient fournisseur que s'il modifie substantiellement le système ou le commercialise sous sa propre marque.
Un logiciel d'analyse de contrats est-il un système à haut risque ?
Pas par défaut. L'annexe III vise l'IA destinée à assister une autorité judiciaire dans la recherche et l'interprétation des faits et du droit, pas les outils d'aide à la relecture de contrats utilisés par des avocats ou des juristes d'entreprise. Ces derniers relèvent le plus souvent du risque limité, avec une obligation de transparence : indiquer clairement à l'utilisateur qu'il interagit avec une IA et que les contenus produits sont générés automatiquement.
Méthodologie et sources
Cet article s'appuie sur le texte du règlement lui-même et sur les communications officielles des institutions européennes et françaises, complétées par une revue des principaux guides généralistes publiés sur le sujet. Nous n'avançons aucune date ni aucun montant qui ne figure pas dans une source publique vérifiable, et nous signalons explicitement les points encore mouvants (report des échéances « haut risque », désignation des autorités nationales).
- Règlement (UE) 2024/1689 (IA Act) : texte officiel du 13 juin 2024, publié au Journal officiel de l'Union européenne le 12 juillet 2024 (articles 4, 5, 6, 50, 99 à 101 et 113, annexes I, III et IV).
- Commission européenne — cadre réglementaire sur l'IA : page de référence « Shaping Europe's digital future » sur les niveaux de risque, les obligations et la gouvernance.
- CNIL — premières questions-réponses sur le règlement IA : position de l'autorité française sur l'articulation entre l'IA Act et le RGPD et sur le rôle des autorités compétentes.
- EU Artificial Intelligence Act — calendrier de mise en œuvre : suivi indépendant des échéances, article par article, mis à jour en continu.
- Digital Omnibus : accord politique du printemps 2026 et publication au Journal officiel de l'Union européenne durant l'été 2026, tels que rapportés par les analyses de cabinets (Gibson Dunn, DLA Piper) consultées en septembre 2026. Le report des obligations « haut risque » aux 2 décembre 2027 et 2 août 2028 est confirmé par la version consolidée du règlement sur EUR-Lex.
Le droit de l'IA évolue vite : ce guide sera mis à jour à chaque publication d'un texte d'exécution, d'une norme harmonisée ou d'une désignation d'autorité (voir la date de mise à jour ci-dessous). Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : pour un cas concret, consultez un avocat ou votre direction juridique.
